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jeudi 22 septembre 2016

L'enthousiasme d'apprendre


Notre enfant apprend sans cesse et ce, depuis qu’il a pris sa première inspiration. Dès son premier souffle, il a appris la sensualité du contact avec l’air ambiant, le bonheur de la chaleur du corps de sa mère, la volupté du lait tiède et sucré qui coule sur ses lèvres. Et pour apprendre à évoluer auprès des siens, il a progressé prodigieusement, assoiffé de tout découvrir. Jusqu’à l’âge de raison, l’enfant est doté d’un enthousiasme intrinsèque qui l’amène à vouloir apprendre tout ce que son environnement lui offre à découvrir. L’enfant s’émerveille en observant une chenille ramper; il veut laver la vaisselle seul et désire apprendre à lire pour faire comme les grands.

Puis, peu à peu, cette soif d’apprendre semble se tarir. Avec les années, l’enfant commence à renâcler lorsqu’on lui demande de l’aide pour mettre la table, il refuse d’écrire trois lignes alors qu’avant il crayonnait des « e » bouclés sur des pages entières… et, il semble captif des écrans au détriment des petits romans qu’il avait commencé à lire.

Laissé à lui-même, dans le même environnement, l’enfant se retrouve sans nouveauté pour mettre son cerveau au défi ! Le chercheur Pierre-Marie Lied est catégorique, notre cerveau a besoin de nouveauté, d’émerveillement pour se développer et demeurer alerte. «On parle ici de l'émerveillement d'apprendre et de comprendre. Il s'agit de respecter la libido sciendi, le désir d'apprendre et de comprendre propre à l'être humain.»

Si un environnement riche et stimulant est propice aux apprentissages, il n’est malheureusement pas suffisant pour entretenir l’enthousiasme. Nous constatons que l’enfant n’est pas toujours en mesure de tirer entièrement profit par lui-même des richesses qui l’entourent car il lui manque certaines connaissances pour y accéder pleinement. C’est particulièrement vrai pour les informations qu’il peut recueillir dans les livres ou sur internet. Il peut savoir une information, mais il ne la comprend pas. Il a besoin de l’adulte afin de traiter l’information brute qu’il repère. De plus, l’enfant est souvent sollicité par plusieurs stimuli en même temps et a du mal à sélectionner la priorité entre tout ce qui lui parvient. L’encadrement plus formel d’un adulte lui permet d’avoir un "perchoir pour enthousiasme fatigué" comme le dit si bien la blogueuse de Tara et cie "L'enfant n'est pas à 200% constamment. L'apprentissage formel, par son caractère stable et routinier permet aussi à l'enfant de développer une certaine hygiène mentale." 

La transmission dans un cadre plus formel offre à l’enfant non seulement de nouveaux défis pour stimuler son cerveau mais lui permet de canaliser ses capacités afin d’en retirer le meilleur bénéfice. L’adulte peut présenter à l’enfant des notions, des sujets dont l’enfant ignore même jusqu’à leur existence. Cette ouverture de perspectives et de connaissances nouvelles lui apportent une ouverture exaltante sur le monde. 

Cette transmission faite par un adulte passionné insufflera à l’enfant le désir d’apprendre. L’enthousiasme est souvent contagieux ! 

Nous aimerions croire que l’enfant « surpuissant » sait ce dont il a besoin. Mais comment saurait-il ce dont il ignore l’existence ? Et surtout, comment saurait-il ce dont il a besoin pour l’avenir puisqu’il est intrinsèquement ancré dans le présent. L’adulte doit d’ailleurs préserver cette insouciance en prenant lui-même le souci de son avenir. C’est pourquoi il se chargera de l’ouvrir sur un maximum de sujets variés et inhérents à la société dans laquelle il vit, afin que demain ce dernier puisse accéder à un maximum de carrières possibles et ne soit pas tributaire des choix de son insouciance enfantine.

C’est dans la bienveillance, dans l’empathie que l’adulte veillera à préserver l’enthousiasme de l’enfant qui apprend en l’encourageant, en le valorisant et en soutenant ses efforts qui parfois, quand ils sont vains, peuvent le décourager. Repérer les difficultés que rencontre un enfant et l’aider à les surmonter afin d’accéder à la compréhension permet à celui-ci d’augmenter son estime de lui-même et d’avancer. Se voyant réussir, l’enfant peut à nouveau s’ébahir devant ses nouvelles connaissances.

Il ressort de toutes ces considérations que l’instruction formelle a davantage vocation à susciter l’enthousiasme de l’enfant qu’à étouffer sa curiosité première.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

...ne soit pas tributaire des choix de son insouciance enfantine.
Une bien belle phrase, et tellement vraie.
Bravo pour la dernière phrase également.
Verveine Citron

Martine42 a dit…

Bonjour,
Merci Laurence pour ce texte tellement réel !
J'aime beaucoup le passage sur "le perchoir à enthousiasme fatigué" !
Martine42

Fournier laurence a dit…

Martine42 : cet article a été merveilleusement rédigé par Brune à partir d'échanges sur le sujet entre membres du collectif. C'est une synthèse mise en mots par une belle plume...je me suis contentée de publier le billet...