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De la "non-rentrée"...

La rentrée scolaire  marque la reprise administrative des non-scolarisés ayant cependant opté pour la voie légale:la formule Instruction En Famille (IEF). 

La rentrée scolaire, c’est aussi la reprise administrative ET la reprise concrète pour les familles IEF qui doivent- parce que suivant un cours par correspondance- ou qui veulent (notamment celles ayant opté pour une formule  pédagogique "formelle" comme type d’IEF) se référer, au quotidien, aux programmes officiels de l’Education Nationale.                                                                                                                                            
Pour les autres, cette reprise ne demeure plus ou moins qu’administrative.
"Plus ou moins" car les familles ayant à cœur un "ownschooling*", celles attachées à "l’informel", voir les unschoolers**, se référent pour partie, ou peu, voire… pas du tout, au programme officiel de l’Education Nationale. Elles ne se voient pas calquer leurs méthodes d’accompagnement de leurs enfants, aux rythmes scolaires officiels car soit elles n’ont pas interrompu leur démarche d’instruction durant les vacances scolaires estivales, soit elles n’ont pas planifié de quelconque reprise au cours de ce mois de septembre. 

Pourtant, et ce n’est pas le dernier des paradoxes dans le microcosme IEF, ce sont le plus souvent les non-sco*, attachés aux formules résolument informelles ou unschooling, voir non-IEF  qui sont à l’initiative de la mise en place des fameuses «non-rentrées»  calquées sur le jour de la rentrée officielle des scolaires…  Cette "non-rentrée" qui est surtout une rencontre de familles non-sco d’un espace géographique déterminé (souvent un département) a selon les lieux, une intention particulière, comme l’illustrent les différents commentaires en faisant publicité, sur les espaces de discussions:l’opportunité de faire se rencontrer les familles, la volonté d’afficher un positionnement instructif par le nombre, l’intention de fixer pseudo-officiellement une date de redémarrage après la "léthargie estivale", le dessein de rassembler "les troupes" pour pouvoir en estimer le nombre et faire passer au mieux certains messages d’associations nationales IEF parfois revendicatifs, etc…

Les origines de la venue au choix non-sco sont multiples (inadéquation des exigences scolaires avec la personnalité ou les caractéristiques de l’enfant, volonté religieuse, volonté philosophique, rejet sociétal, violence scolaire vécue ou pressentie, parcours parental scolaire traumatisant, etc…) et en découlent pour la quasi-totalité des familles, une orientation IEF . 
Ce choix de l’IEF permet de pouvoir accompagner ses enfants selon ses caractéristiques et attentes familiales, dans un cadre totalement légal. Ainsi, tout cela s’inscrit dans une certaine et finalement grande liberté d’action que ne contredisent pas les obligations d'inscription administrative préalable et de démonstration d’accompagnement instructif effectif des enfants. 
La pérennité de l’IEF actuelle,  ne nécessite donc pas de manifestation publique aussi sobre soit elle, son ancrage légal étant bien assis.

Pourtant, c’est une évidence, des familles ont besoin de participer à ces "non-rentrées" car soit elles ont de l’expérience en matière d’IEF et veulent faire partager celle-ci ou transmettre un message particulier ; soit elles démarrent (tout juste ou depuis peu d’années), et sont en quelque sorte des "petits nouveaux" en recherche de réseau, de partages, de réconfort et de soutien. Ces deux ultimes raisons sont vraisemblablement celles que reconnaissent le plus souvent par la suite, les familles IEF qui y ont participé à leurs débuts. 

Car oui, le choix IEF s’inscrit dans la loi, oui ce choix permet de totalement calquer l’accompagnement de ses enfants à ses convictions et pourtant… il n’est pas évident à faire "accepter" de son entourage, car c’est un choix minoritaire, un choix considéré comme marginal donc, un choix qu’il faut souvent expliquer, justifier, voir défendre. Bref un choix qui bien que totalement personnel, déstabilise souvent son entourage proche ou lointain. Un choix original, un choix différent dans une société où la majorité en fait un autre, un choix où on peut se sentir seul face aux autres, à leurs questions, leurs critiques, voir leur hostilité.

Aussi, la proposition de non-rentrée est alors une bonne occasion pour se retrouver entre "comparses" isolés, pour se serrer les coudes, pour s’échanger des argumentations à resservir face aux questionnements de son entourage, pour confirmer le bien-fondé de son choix. Et comme tout choix personnel,  l’IEF touche l’affect des parents qui le décident ; un choix où la part profonde de chacun est "chatouillée"… entraînant de façon logique, ce comportement grégaire, consistant à se rassembler pour se sentir "plus forts".

Ainsi donc, bien que la "non-rentrée"soit une manifestation qui ne concerne finalement pas la majorité des familles non-sco, elle semble être un pallier rassurant pour la majorité de celles qui démarrent dans cette aventure. 
Opter finalement pour l’IEF, c’est sortir d’une démarche sociétale classique, tout en ayant la nécessité d’appartenir à nouveau à une autre société…le goût de la liberté en troupeau en quelque sorte!  
Mais comme dit le dicton "seul on va plus vite, ensemble on va plus loin… ". 

Belle Instruction En Famille à tous, avec ou sans "non-rentrée", bons moments de partage avec vos enfants !
Le Collectif l'Ecole est la Maison


Précisions : si choisir l’IEF ne nécessite pas de s’inscrire dans une pratique précise (formel, informel, unscho, etc…), il n’en demeure pas moins qu’il existe plusieurs courants de pratique auprès desquels chaque famille a plus ou moins d’affinités et avec lesquels elle jongle plus ou moins au cours de son parcours IEF. Leur déclinaison n’est ici ni intégrale ni totalement définie, se documenter pour en connaître clairement les caractéristiques et le nombre.

Ownchooling : un mélange personnalisé entre méthodes formelles et informelles (pour faire court)
**Unschoolers : l’enfant choisit ses activités d’apprentissage et s'il a envie d’apprendre ou pas (également pour faire court)
*Non-sco : non-scolarisés ou non-scolarisant, qui ne vont pas à l’école ou qui n’envoient pas leurs enfants à l’école

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